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Pénélope Corps


Pénélope n’écrit pas. C’est ce qu’elle dit, redit sur tous les tons. Sur tous les supports. Sauf les livres.


Pénélope n’écrit pas sur son blog, qui nous ouvre les portes de sa tendresse bourrue, de son paradis abîmé, de ses sutures trop soignées pour être maladroites, comme elle voudrait le faire croire.


Pénélope ne publie pas. Elle te coud un recueil pirate si tu lui demandes gentiment, si elle t’aime bien. Mais jusque-là rien à faire, elle ne veut pas en faire un livre. Un truc officiel. Un truc plus important. Elle a peut-être raison. C’est qu’elle est discrète, Pénélope. Ou peut-être, elle en a fait un livre, déjà, dans le secret de sa chambre, mais elle ne veut pas encore, qu’on mette nos sales pattes dessus. Ou peut-être elle nous le coudra celui-là aussi. Si on a de la chance.


Pénélope n’écrit pas de poésie sonore, qui pourrait vous flinguer le plus ensoleillé des dimanches ou vous consoler des nuits les plus longues. Parfois en même temps. Suivant son humeur. Elle n’a pas cette voix rauque et fragile à la fois, quelque part entre l’adolescence essoufflée et la sagesse antique, avec une pointe de bourbon quand même, parce que c’est chiant parfois, la sagesse. Elle n’écrit pas avec Fabien Drouet non plus, dans cette alchimie douloureuse de deux poètes à vif et d’une basse, de quelques accords dans la pénombre pudique de quelque cave, de quelque bar de hasard. Fabien, on y reviendra bientôt. Pendant ce temps, Pénélope n’écrit pas.


Va voir, comme elle n’écrit pas.


Poésie accidentelle

Une voix

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